La polémique autour du roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset), a soulevé la question de la fiabilité des détecteurs d’IA. J’ai fait ma petite enquête en soumettant ce texte rédigé avec les seuls recours et secours de mon IN (Intelligence naturelle) :
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Le français se meurt, et tout le monde regarde ailleurs. Dans l’indifférence quasi générale, voire dans le déni, notre langue subit la pression de plus en plus forte de l’anglais non seulement sur son vocabulaire et sa grammaire, mais aussi jusque dans son emploi.
Les Linguistes atterrées, un collectif d’universitaires, s’autoproclamant « scientifiques du langage », prétend, en dépit de tous les indicateurs, que « le français va très bien », qu’« il n’est pas envahi par l’anglais », que la notion de « franglais » « n’a pas d’assise scientifique », que l’anglais, certes « très visible dans l’espace public », ne sert qu’à « retenir l’attention » (sic), sans fournir aucune étude scientifique à l’appui. « Bien sûr [reconnaissent-ils], l’anglais aujourd’hui est LA langue dominante à l’échelle planétaire », mais cela ne les inquiète pas outre mesure : autrefois, c’était le latin qui dominait, cela a même été l’italien ; aujourd’hui, c’est l’anglais. Circulez, il n’y a rien à voir. Tout va très bien, Madame la marquise…
En réalité, le français subit une profonde mutation, un processus, non pas de créolisation, comme l’affirme erronément Jean-Luc Mélenchon, mais de métissage, pour continuer dans les métaphores anthropomorphiques. Et ce métissage se fait non pas avec l’espagnol ou l’arabe, mais avec l’anglais. En linguistique, on qualifie ce phénomène d’hybridation. Le français se transforme sous nos yeux et dans nos oreilles en une langue hybride anglais-français. Désormais, il est devenu difficile de parler en français de la vie d’aujourd’hui sans accumuler les anglicismes, comme l’illustre ce petit texte composé à cet effet.
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Les résultats sont étonnants et varient considérablement selon les détecteurs :
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intelligence humaine |
intelligence artificielle |
|
Pangram |
100% |
0% |
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Lucide.ai |
100% |
0% |
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Grammarly |
100% |
0% |
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ZeroGPT |
97% |
3% |
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AI-Detector.com 1er passage |
47% |
53% |
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AI-Detector.com 2d passage |
18% |
82% |
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TextDefend |
35% |
65% |
Certains détecteurs, ceux qui ont reconnu que ce texte était bien d’origine humaine (Pangram, Lucide.ai, Grammarly, ZeroGPT), se démarquent. D’autres (AI-Detector.com, TextDefend) sont complètement à côté de la plaque. AI-Detector a même donné deux résultats différents à deux interrogations successives du même texte.
L’opinion de Claude :
Je ne peux pas exécuter de détecteur d'IA, mais je peux vous donner mon avis sur les signaux stylistiques présents dans ce texte — avec la réserve que ce n'est jamais un verdict fiable.
Ce qui pointe plutôt vers une écriture humaine :
- Des jugements tranchés et engagés (« Le français se meurt », le sarcasme envers les Linguistes atterrées) — une IA générique tend à plus de prudence et d'équilibre sur un sujet polémique.
- Des références précises et vérifiables (Jean-Luc Mélenchon, notes de bas de page numérotées, citations entre guillemets attribuées).
- Une touche d'ironie personnelle assez marquée (« Circulez, il n'y a rien à voir. Tout va très bien, madame la marquise… ») — ce type de clin d'œil culturel avec une chute presque théâtrale est assez caractéristique d'une plume humaine qui s'amuse.
- Une structure argumentative avec des nuances fines (distinction métissage/créolisation/hybridation) qui suppose une vraie expertise revendiquée, pas une synthèse de surface.
Ce qui pourrait interroger :
- Quelques tournures un peu rigides ou redondantes (« pour continuer dans les métaphores anthropomorphiques ») peuvent apparaître aussi bien chez un rédacteur académique que dans un texte retravaillé par IA.
- La densité des citations sans qu'on voie leurs sources complètes ici (juste les appels de notes) — mais c'est probablement dû à l'extrait, pas au texte lui-même.
Mon impression générale : ce texte a la marque d'un auteur humain avec un point de vue engagé et un style personnel (ironie, culture générale, position polémique assumée). Rien ne saute aux yeux comme typiquement généré par IA — pas de tournures génériques, pas de "d'une part... d'autre part…" mécanique, pas de conclusion en peu passe-partout.
Si vous avez un doute sérieux sur la provenance (contexte académique, litige), je vous recommande de ne pas vous fier à un seul outil ni à mon impression, mais de croiser plusieurs indices (contexte de production, style habituel de l'auteur présumé, historique de rédaction si disponible).
Mots-clés : intelligence artificielle, IA, détecteur d’IA, fiabilité, test, texte personnel, polémique, Thélyson Orélien.
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