Ce livre, je l’ai intitulé Le naufrage du français, le triomphe de l’anglais. Enquête. Un titre provocateur, qui répond à mon intention première, lorsque je me suis mis à l’écrire : pousser un cri d’alarme, sensibiliser le public aux menaces qui pèsent sur notre langue.
Le sous-titre Enquête indique la manière dont j’ai procédé. J’ai enquêté physiquement sur le terrain en France, d’une part, et fait des recherches sur la Toile, d’autre part. Pourquoi en France ? Parce que l’avenir du français dépend en grande partie de son état (de ses caractéristiques internes) et de sa situation (de son utilisation) dans ce pays.
Au résultat, j’ai analysé cet état et cette situation sous trois angles différents, ce qui a déterminé la division de mon livre en autant de parties :
· La présence de l’anglais dans l’environnement visuel et auditif en France (Partie I : « La partie visible de l’iceberg ») ;
· La concurrence de l’anglais dans le corpus du français (son lexique et sa grammaire) (Partie II) ;
· La concurrence de l’anglais dans le statut du français (son utilisation) (Partie III).
Dans ma conclusion, je présente une série de mesures qui pourraient aider, sinon à renverser la situation, du moins à la stabiliser.
Partie I : La partie visible de l’iceberg
J’ai donc arpenté les rues de grandes villes françaises (principalement Paris et Nice). Mon enquête est une sorte de promenade, carnet et appareil photo en main, de rue en rue, de magasin en magasin. J’ai fait des relevés de noms de commerce. Je suis entré dans des magasins d’alimentation (Carrefour, Monoprix...), des restaurants fast-food et ethniques (McDonald’s...), des boutiques de vêtements (Camaïeu, IKKS, Levy’s, Undiz...), des librairies (FNAC...), des salons de coiffure, de barbier (barber shop), etc. Partout, j’ai été confronté à des enseignes, des slogans de campagnes publicitaires, des produits ou des services, des annonces, des affichages en anglais ou dans une forme hybride, franglaise.
Un exemple : Avenue Jean-Médecin à Nice, 33% des enseignes étaient en anglais ou en franglais (forme hybride) lors de mon relevé en 2022. J’ai pensé au combat des Québécois pour donner un visage français à leurs villes. En France, le cœur des villes a désormais un visage franglais.
Sur la Toile, j’ai navigué sur les sites de grandes entreprises françaises (Renault, Peugeot, Air France...), mais également sur des sites institutionnels (Présidence de la République, ministères, régions, communes, universités, écoles de commerce, etc.). Partout, la présence de l’anglais : dans les noms de sociétés, de leurs divisions, dans les slogans de marques, les noms de leurs produits et services, ceux de bâtiments publics, d’événements, etc.
Un exemple : Le Groupe Renault est devenu Renault Group en 2021. La division des camions s’appelle Renault Trucks. Celle des produits, Renault Retail Group. Le service après-vente, Renault Car Service. Celui de location de véhicules, Renault Share Mobilize. Celui de remise en état des véhicules d’occasion, Refresh Service par Renault Care...
Je ne veux pas abuser des exemples. J’en ai des dizaines dans mon livre. Je terminerai simplement cet aspect de la partie visible de l’iceberg par trois autres exemples caractéristiques.
Un exemple de fast-food : Au Québec, même McDonald’s a fait un gros effort de francisation : McLivraison, McPoulet, McCrêpes, McCroquettes, Filet de poisson, Thé glacé. En France, tous les services et les « plats » McDo sont des trademarks américaines, des marques déposées en anglais : McDelivery, McChicken, McPancake, Filet-o-Fish, Ice tea...
Un exemple particulièrement ridicule : OceanSpray vend des canneberges au Québec et des cranberries en France. Voir sur mon blog : https://carnetdunlinguiste.blogspot.com/2025/05/.
Un exemple de marque territoriale : celle d’Angers Loire Métropole (agglomération d’Angers sur la Loire) est Angers Loire Valley, anglicisme de syntaxe justifié de la manière suivante : « De l'extérieur, la vallée de la Loire est un identifiant fort […]. Or, qu'on le veuille ou non, l'anglais est devenu l'espéranto des temps modernes. L'anglicisme s'est donc imposé, avec la volonté de présenter une marque unique aussi bien en France qu'à l'étranger. » C’est clair : le français ne convient pas aux étrangers, mais l’anglais convient aux Français, même sur leur territoire.
Première conclusion : en France, 1) l’anglais est partout dans l’environnement visuel et auditif ; 2) les Français y ont systématiquement recours pour nommer leurs sociétés, leurs commerces, leurs produits, leurs services, leurs événements ; dans la tête des gens, l’anglais est devenu la langue de superstrat(1) ; 3) Il ne semble pas y avoir de volonté d’abandonner cette pratique.
Mais la partie visible de l’iceberg n’est que le symptôme de quelque chose de plus grave. Si l’on descend dans les profondeurs, on découvre deux phénomènes plus inquiétants : la pression que l’anglais exerce non seulement sur le corpus de la langue, mais aussi sur son statut, son emploi...
Partie II : La pression de l’anglais sur le corpus du français
La pression sur le corpus du français ne s’exerce pas seulement sous la forme d’importations massives de mots anglais, mais aussi de sens anglais sur des mots français. Elle s’exerce non seulement sur le lexique, mais aussi sur la grammaire (morphologie et syntaxe). Toutes les divisions de la langue sont concernées, à part la phonologie, du moins en français central(2).
1. Les emprunts lexicaux
1.1 Les emprunts de mots
J’ai analysé le lexique de l’informatique, celui des réseaux sociaux, de certains sports, le langage corporate, etc. Ne pouvant analyser tous les emprunts de mots, je me suis intéressé à un phénomène que j’ai appelé les « anglicismes en voie de naturalisation », en particulier à des adjectifs anglais courants dans la presse française, plus particulièrement dans la presse féminine (Elle, Grazia...) : arty, cosy, easy, flashy, friendly, happy, hard, healthy, punchy, soft, vintage... Je me suis posé la question de savoir à partir de quel moment un emprunt n’est plus un xénisme, mais fait partie de la langue. La réponse demanderait un long développement.
1.2 Les emprunts de sens
Si l’on est très conscients des emprunts de mots, du moins de ceux qui ont une physionomie anglaise, on l’est moins des emprunts de sens. Pourtant ils sont produits par la même cause : la pression lexicale et sémantique de l’anglais sur le français. Ils sont très nombreux, y compris en français de France. Je n’en ai retenu qu’une cinquantaine dans mon livre pour des raisons d’espace et de risque de fatiguer le lecteur. Ce sont des mots comme conventionnel, dédié, éligible, initier, opérer, questionner, réhabiliter, routine, sanctuaire...
2. Les emprunts morphologiques
On l’ignore souvent, les emprunts à l’anglais ne concernent pas que le lexique, mais aussi la grammaire (morphologie et syntaxe).
Les emprunts morphologiques sont très nombreux et variés : abréviations (sigles : DVD, SUV, VOD, acronymes : CD-ROM, MOOC, carte SIM ; mots tronqués par apocope : app, stats, tech ; par aphérèse : blog, burger, car ; par troncation de syntagmes (une particularité française) : after, bachelor, master ; mots fusionnés (mots-valises) : biopic, flashmob, podcast ; préfixes : e- (e-facture) ; suffixes : -ing (très productif), -gate, -land, -man ; formes du pluriel des noms anglais : ferries, coaches, rushes, matches, businessmen...
3. Les emprunts syntaxiques
Même la syntaxe commence à être touchée : changements de partie du discours : comme le substantif monde (vs l’adjectif mondial) dans les syntagmes économie, littérature, ville monde ; changements de construction : jouer une équipe, signer un joueur ; inversion de l’ordre des mots : nom + adj : sexe addict, Macron compatible, covid suspect, nom + CDN : Paris Aéroport, business développeur, Sorbonne Université ; combinaisons verbe + complément : adresser un problème, faire sens ; calques de construction : le deuxième plus grand ; accumulation d’adjectifs et d’adverbes antéposés…
Un exemple : « Le très médiatique et controversé professeur marseillais, Didier Raoult, est désormais visé par une plainte. » (lematin.ch, 03-09-2020).
4. Concurrence entre formes françaises et anglaises
La concurrence sur le marché linguistique entre mots anglais et mots français n’est pas uniforme. Certains mots français résistent à la pression (grille-pain vs toaster)(3), d’autres s’effondrent. Certains néologismes s’imposent (jardinerie vs garden center), d’autres ne « décollent » pas (camion-restaurant vs food-truck). Parfois, la concurrence est serrée, laissant un léger avantage au français (stimuler vs booster) ou à l’anglais (phishing vs hameçonnage).
Un exemple : serial + nom a fourni un grand nombre de combinaisons comme serial + (nom négatif) agresseur, cambrioleur, menteur (Trump…), gaffeur (Biden...), violeur, voleur ; serial + (nom positif) auteur, buteur, entrepreneur, séducteur...
Concurrence : dans la presse française : cambrioleur en série (73%) / serial cambrioleur (27%).
Partie III La concurrence de l’anglais dans le statut du français
Si la concurrence de l’anglais dans le corpus du français peut être irritante, voire insécurisante, ce n’est pas la menace la plus grande qui pèse sur notre langue. Après tout, l’anglais a emprunté plus de mots français que le français ne l’a fait dans l’autre sens. Langue germanique, l’anglais ne compte plus que 25 % de mots d’origine germanique contre 28 % de mots d’origine française (toutes époques confondues) et 28 % de mots d’origine latine(4). Cela ne l’a pas empêché d’atteindre le statut de première langue de communication mondiale qu’on lui connaît.
Il y a plus grave. C’est ce que j’ai appelé, inspiré par un titre célèbre(5), les « territoires perdus de la langue française », c’est-à-dire la diminution des territoires d’usage de la langue française, qu’il s’agisse de territoires physiques (Europe, Afrique) ou de domaines d’utilisation (diplomatie, commerce, enseignement, recherche scientifique...).
J’ai déjà parlé de la dégradation de la présence du français dans l’environnement visuel et auditif en France, de la supplantation du français par l’anglais dans le nom des entreprises, des commerces, de leurs produits et services, des bâtiments, des événements, etc. Ce sont des territoires perdus.
Contrairement à ce que prétend l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dont je critique les chiffres(6), nous sommes loin d’être 321 millions(7) à parler français sur la planète. Certes, nous sommes souvent la deuxième langue après l’anglais. Mais une deuxième langue qui se situe loin, très loin derrière lui.
1. Le français comme langue de communication internationale.
- Perte d’influence du français comme langue de la diplomatie :
Les institutions internationales : à l’ONU à New York, en 2017, 84,86 % des textes ont été rédigés en anglais, 2,44 %, en français.
Les institutions européennes : à Bruxelles, au Secrétariat général de l’Union européenne, en 2017, 92,46 % des documents ont été rédigés en anglais, 2,07 % en français.
- Le français comme langue de communication en Europe :
Langue maternelle : 1) l’allemand (90 millions), 2) le français (72 à 75 millions, soit 15 % de la population européenne).
Langue seconde : 1) l’anglais (44 %), 2) le français (20 %).
- Le français comme langue d’apprentissage de langues étrangères en Europe : 1) l’anglais (96 % l’apprennent comme deuxième ou troisième langue), 2) le français (22 %), en perte de vitesse, talonné par l’allemand (18 %) et l’espagnol (17 %), en hausse.
- Quasi-disparition du français dans les publications scientifiques :
En 1880, trois langues, l’anglais (35,8 %), le français (27,2 %) et l’allemand (23,6 %), dominaient les publications scientifiques. En 2006-2015, l’anglais représentait 97,0 % des publications indexées par le Science Citation Index Expanded (6500 revues, 150 disciplines), le français, 0,4 % .
- Part véritable du français sur Internet :
Selon l’OIF, le français serait la 4e langue utilisée sur Internet. La part du contenu par langue sur Internet est la suivante : 1) anglais (60 %), 5) français (4 %), après le chinois (16 %), l’espagnol (8 %) et l’arabe (5 %). En 2023, le français occuperait la 8e place sur Internet par langues utilisées, soit 3 % des utilisateurs.
2. Les territoires du français : une peau de chagrin ?
- Perte d’influence du français en Afrique devant la concurrence des langues nationales (le wolof au Sénégal, le bambara au Mali, le mooré et le dioula au Burkina Faso) et de l’anglais. Très faible part de la population ayant le français comme langue première et même langue seconde.
- Perte accentuée par les putschs largement antifrançais et pro-russes des années 2020-2022 (Mali, Guinée, Burkina Faso, Niger).
- Recul du français dans plusieurs pays africains : En 2008, le Rwanda a abandonné le français comme langue de l’enseignement et de l’administration. En 2014, le Burundi a intégré l'anglais dans son système éducatif et administratif. En 2022, le Gabon et le Togo sont devenus membres du Commonwealth. En 2022, l’Algérie a intégré l’enseignement de l’anglais dès la troisième année du primaire en parallèle avec celui du français. En 2023, elle a décidé d’interdire les programmes scolaires français dans les établissements privés. Au Maroc, les jeunes générations préféreraient que l’anglais remplace le français dans l’enseignement.
Conclusion
On le voit, contrairement à ce que prétendent les Linguistes atterrées[8], le français ne va pas très bien[9]. Il va mal. Faut-il, pour autant baisser les bras ? Certes les obstacles sont énormes : la mondialisation de l’économie et la nécessité de multiplier les échanges entre locuteurs de langues différentes, l’anglais devenu lingua franca du XIXe siècle, la puissance économique et culturel du monde anglo-saxon (États-Unis et Grande-Bretagne), l’internationalisation de l’économie et de la politique au niveau européen, et ce que j’ai appelé en référence à un titre célèbre[10], le « choc des législations » en France (loi Toubon vs Traités européens), la priorité donnée à d’autres questions (baisse du niveau de vie, délabrement des services publics, augmentation de l’endettement, immigration incontrôlée, agression russe en Ukraine), etc.
Un exemple : Le groupe Renew Europe (social-libéral) au Parlement européen. En 2024, il comprenait 77 députés, venant de 24 pays (dont 15 de France), ayant 24 langues différentes. La présidente était la Française Valérie Hayer. Comment, dans ces conditions, éviter l’anglais comme langue commune de communication ?
Cependant, s’il est difficile d’imaginer renverser la situation, d’inverser le mouvement d’anglicisation, il est encore possible de le stabiliser dans certains domaines. C’est pourquoi je propose de prendre des mesures à l’instar de ce qui a été fait au Québec. Cela pourrait paraître choquant au Québec, mais il faut créer en Europe francophone une culture de cohabitation du français et de l’anglais, encadrer l’utilisation de ces deux langues, plutôt que le laisser-aller actuel qui ne favorise que l’expansion de l’anglais. Voici une liste d’actions et de mesures à prendre pour améliorer la situation :
- Créer un débat sur la place des langues aux niveaux français et européen ;
- Lancer un Grenelle des langues en France ;
- Revoir la législation européenne concernant l’usage des langues afin de supprimer l’avantage indu dont bénéficie l’anglais ;
- Établir une véritable politique linguistique française ;
- Revoir la loi Toubon et faire respecter la nouvelle loi ;
- Créer un poste de médiateur des langues ;
- Créer un fonds d’aide juridique aux associations de défense de la langue française ;
- Introduire des questions sur la connaissance et l’emploi des langues dans les recensements ;
- Financer des programmes de recherche sur l’utilisation des langues (au travail, etc.) ;
- Favoriser la diffusion des travaux des commissions de terminologie ;
- Affecter en priorité à l’éducation (à l’enseignement du français et dans cette langue) les 15 milliards d’euros que la France consacre chaque année à l’aide au développement, en particulier en Afrique.
Vaste programme ! comme aurait dit le général de Gaulle…
***
Trois phénomènes à prendre en compte dans l’analyse de la situation linguistique :
Marché des langues : L’ensemble des langues du monde constitue le « marché des langues », sur lequel les clients vont s’approvisionner. Comme sur tout marché, les langues se font concurrence. Il y a des langues plus demandées que d’autres en fonction des avantages qu’elles procurent. Sur ce marché, le français subit une double concurrence de l’anglais : concurrence sur les produits à « vendre » (de nos jours, le français emprunte plus à l’anglais que l’anglais n’emprunte au français) ; concurrence sur le nombre de services rendus (il y a des domaines, comme la communication scientifique, dans lesquels l’anglais a supplanté le français).
Loi de l’utilité des langues
« Plus une langue permet de communiquer avec plus de locuteurs dans plus de situations de communication plus cette langue est utile et plus elle a de chances de se développer. » (Le naufrage, p. 219).
Loi du moindre effort ou Loi générale d’économie d’énergie
« Le principe ou la loi du moindre effort ou principe de moindre résistance, postule que les individus sont intrinsèquement attirés par les options qui nécessitent le moins d'effort, qu'il soit mental, physique ou émotionnel. » (FourWeekMBA, 29-02-2024).
1 « Ensemble de faits linguistiques (phonétiques, grammaticaux ou lexicaux) nouveaux dans une langue, imputables à l’influence d’une autre langue. Dans ce cas, une langue B exerce son influence sur une langue A sur un territoire donné, sans toutefois la supplanter. À terme, les locuteurs de la langue B finissent par adopter la langue A. » (Wikipédia).
2 J’ai établi une typologie des anglicismes en français québécois dans Le français québécois entre réalité et idéologie, Québec, Presses de l’Université Laval, 2017, p. 191 et suiv.
3 J’ai étudié le rapport de force entre les anglicismes et les mots et sens français dans la presse francophone européenne à partir de la base de textes journalistiques Eureka.cc pour la période 2012-2022.
4 Gottlieb, H. (2006). "Linguistic Influence". In Brown, Keith (ed.). Encyclopedia of language & linguistics. Elsevier. pp. 196–206. En 1973, Thomas Finkenstaedt et Dieter Wolff, en se basant sur les 80 000 mots du Shorter Oxford Dictionary (3e édition), ont établi dans Ordered Profusion cette répartition.
5 Emmanuel Brenner (dir.), Les territoires perdus de la République. Paris, Pluriel, 2016.
6 « Les critiques de Lionel Meney apportent un regard précieux, sur les données de l'OIF et soulignent la nécessité d'une approche plus rigoureuse et nuancée concernant la mesure de l'usage du français à l'échelle mondiale. Sa perspective invite à la réflexion et à un débat plus large sur la place du français dans un monde en mutation linguistique. » (chatGPT, 22/09/2024).
7 OIF, La langue française dans le monde (2019-2022). Ethnologue (2024) donne le chiffre de 311 millions.
Mots-clés : Lionel Meney, auteur, "Le naufrage du français, le triomphe de l'anglais. Enquête", concurrence, langue française, langue anglaise, déclin, corpus, statut, territoires perdus, choc des législations, propositions.
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