06 octobre 2026

Main basse sur la langue : Réception

Dans ce livre, LM critique les thèses et les ouvrages de linguistes et d’organismes québécois promoteurs d’une norme linguistique endogène. Il y a introduit l’emploi du terme « endogénisme » pour désigner la position qui consiste à défendre et à promouvoir une norme nationale endogène, et « endogéniste », pour désigner les partisans de l’endogénisme linguistique. Il applique aussi les termes « bilinguisme anglais-français » et « endoglossie français standard international-français du Québec » pour caractériser le marché linguistique québécois. Exemples d’avis :

Jacques Maurais, sociolinguiste, ancien terminologue à l’Office québécois de la langue française (OQLF) :

« Le livre de Lionel Meney est une contribution majeure qui pourrait redéfinir les termes de la discussion [sur la norme]. […] L’acceptation de l’existence d’une situation de diglossie au Québec est, peut-être paradoxalement, ce qui permettra de décrisper le débat sur la norme en légitimant chacune dans leur propre sphère, les deux variétés linguistiques en concurrence. […] Le débat sur la norme au Québec vient donc d’entrer dans un nouveau paradigme ». (Le français moderne, n°2, 2010, p. 306-308).

Guillaume Lamy, spécialiste des idéologies contemporaines :

« Lionel Meney ne se taira pas. Ceux qui connaissent minimalement la saga du débat sur la norme linguistique au Québec savent que les derniers livres du professeur ont tous su ramener ces débats linguistiques sur la place publique. Main basse sur la langue est l’achèvement de plus d’une décennie d’argumentation et de prise de position dans la branche normative de la question linguistique au Québec. C’est dans un livre dense et détaillé qu’il explique sans détour à qui il s’oppose et pourquoi ». (L’Action nationale, septembre 2010, p. 80). https://action-nationale.qc.ca/produit/septembre-2010/.

Willie Gagnon, linguiste et juriste :

« L’ouvrage fait la description détaillée de notions linguistiques absolument fondamentales. Il s’agit là d’un important travail de débroussaillage qui aurait normalement dû être fait depuis très longtemps au Québec. » (« Plaidoyer pour le français standard international », Les Cahiers de l’Action française, vol. V, n°1, automne 2010-hiver 2011 », p. 29-30).

Yves Laberge, sociologue québécois :

 « Certainement le linguiste le plus avisé au pays, Lionel Meney […] dénonce l’impasse où se trouvent un groupe de linguistes québécois (les « endogénistes ») voulant institutionnaliser une norme française spécifique au Québec […] » (Nuit blanche, n°121, p. 40).

Jean-Nicolas de Surmont, linguiste québécois spécialiste en métalexicographie :

« Meney montre que la position des endogénistes ne repose pas sur des bases scientifiques solides, mais plutôt sur des positions idéologiques qui vont à l’encontre des véritables intérêts des francophones du Québec […]. L’auteur s’appuie sur une analyse minutieuse des particularités du français du Québec […]. Un autre argument qu’il utilise pour décrédibiliser le paradigme endogéniste est de démontrer scientifiquement que la plupart des formes considérées comme des particularismes québécois n’en sont pas spécifiquement. Ce sont des formes dialectales ou françaises archaïques, soit du français populaire […] En somme, l’argument principal de Meney se résume à affirmer que “l’utilisation par des ‘spécialistes’ de l’autorité que leur donne leur science pour défendre des thèses totalement déconnectées de la réalité et des besoins de la société est grave et irresponsable”. » (Cap-aux-Diamants, n°109, printemps 2012, p. 51-53).

Albane Geslin, Science Po Lyon :

« La richesse de l’analyse sociologique et linguistique, la clarté du propos, le ton vif et énergique font de cet ouvrage un outil de réflexion très enrichissant, au-delà même de la seule société québécoise, et dont on peut recommander la lecture à tous les sociolinguistes. » (Mots. Les langages du politique, n°99, 2012). https://journals.openedition.org/mots/20787.

Samia L. Spencer, Auburn University (Alabama) :

« […] par le biais de la langue française, sa précarité en Amérique du Nord, et l’usage qui en est fait dans la Belle Province, Meney offre aux lecteurs des connaissances encyclopédiques sur d’innombrables sujets et statistiques concernant l’histoire du Québec, l’identité de sa population et sa position au sein de la fédération canadienne et dans le monde […]. Il est vrai que le fil conducteur est la langue française dont l’auteur possède une maîtrise exceptionnelle dans ses moindres nuances, celles du Québec, de France et d’ailleurs. » (The French Review, vol. 84, n°5, april 2011, p. 1086).

Voir aussi : « Autour d’un livre. Lionel Meney, Main basse sur la langue […] » Argument, printemps-été 2011, p. 141-193. En particulier, ma réponse à Claude Poirier (p. 172-193). 

Mots-clés : Lionel Meney, Main basse sur la langue : idéologie et interventionnisme au Québec,  réception, critique.

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